misfortune teller
Cette fin d’année 2024 a vu la création d’une carte de vœux un peu particulière.
Si tu me connais, tu ne seras pas surpris.e de lire que l’envoi de mes vœux à chaque nouvelle année est un rituel qui me tient réellement à cœur.
Réfléchir au design et au message que je veux faire passer ; prendre le temps de poser mes mots sur le papier ; répéter le process pour chaque personne qui a - de manière consciente ou non - marqué mon année et avec qui je souhaite continuer un bout de mon histoire… c’est un acte très thérapeutique pour moi. Le fait de me reconcentrer sur le positif m’apporte toujours beaucoup de réconfort.
Pour 2025, j’ai souhaité partir sur quelque chose d’assez personnelle en matérialisant le tournant que je suis en train de prendre ici - et pour être honnête, je ne m’attendais à ce qu’elle ait un tel effet sur moi !
En prenant la forme d’une “(mis)fortune teller” (cocotte en papier, en français), elle m’a permis de faire le deuil de ce que j’avais construit avec Allons-y Alonso et de symboliser la métamorphose que j’opère.
Après plusieurs mois à être bloquée et frustrée, j’ai enfin réussi à dire au revoir à qui j’étais pour dire bonjour à celle que je voudrais être. Teintée d’une certaine nostalgie positive, elle est devenue en quelque sorte le faire-part de mon passage à une nouvelle vie.
Je me demande d’ailleurs pourquoi on ne fait pas ça plus souvent ? Car aussi triste que peut être le changement (une rupture, un départ, une fin), acter une transformation peut permettre de lâcher prise et devenir libérateur. L’occasion de (se) célébrer - au passé mais aussi au futur, non ?
Mais je m’égare.
Après cette longue introduction, laisse-moi te présenter cette carte mortellement cool : avec sa forme ludique, elle vient taquiner les esprits et contrebalancer l’aspect triste du thème que j’aborde.
Derrière chaque volet on peut y découvrir une citation - mais plutôt que d’être allée chercher chez les grands penseurs (Montaigne, Spinoza, etc), j’ai voulu mettre en lumière des livres, poèmes, films ou encore chansons qui ont pu marquer mon histoire et qu’on peut trouver au quotidien.
“La mort n'est pas si triste avec son corps éternel. Je suis taxidermiste et je veille sur elle.”
Sans ma souris de Jeanne Cheral (Album : Souris Calle)
“Wake up wake up, and let the cloak of life cling to your bones.”
The Long Song – Doctor Who (Series 07 Episode 07)
“Je voudrais pas crever avant d'avoir goûté la saveur de la mort…”
Je voudrais pas crever – poème par Boris Vian
“How did it get so late so soon?”
How did it get so late so soon – poème par Dr. Seuss
“Tintin !… Es-tu mort ?… Dis-moi oui ou non, mais réponds-moi !”
Milou dans Tintin au pays des Soviets – Hergé
“Now, why would you want to go up there, when people are dying to get down here?”
Elder Gutknecht dans the Corpse Bride – Tim Burton
“Que je reste encore avec vous, sur vos épaules et vos genoux. Que je sois, puisqu'il faut qu'on existe, le chat du Café des Artistes.”
Le Chat du Café des Artistes – Charlotte Gainsbourg '(Album : IRM)
“"Omnia Mutantur, Nihil Interit." Everything changes, but nothing is truly lost.”
The Sandman Vol. 10: The Wake – Neil Gaiman.
L’idée ici n’est pas bien sûr d’annoncer une fin terrible (comme pourrait le suggérer son nom : ”misfortune teller”), mais au contraire d’attiser la curiosité, d’interroger et enfin rappeler qu’”every one is a little bit sad all the time” – Under the Whispering Door par TJ Klune.
Et n’est-ce pas ça être en vie ?
Alors, continuons bien sûr à célébrer nos moments de joie, mais pourquoi pas de peine aussi ? Ne serait-il pas possible aussi de partager nos deuils et virages - aussi petits soient-ils ?
C’est l’une des questions que je pose avec ce petit Memento Mori personnel et je serais curieuse de savoir ce que tu en penses.
Impression en linogravure sur deux papiers différents :
- le Crush Corn de Favini (en 125g)
- le Keaykolour Snow Particles de Arjowiggins (en 170g).